René Proust, le retardataire!

René Proust, le retardataire!

23 décembre 2015 0 Par Jean-Pierre Proulx

Acte de mariage Louis René Proulx & Marguerite Brunette

Il ne manquait que lui. René Proust, « journalier français », nous est arrivé du Royaume de France vers 1816. Il est donc le sixième Proulx à avoir fait souche au Québec. Il s’est marié à Deschambault le 10 octobre 1820 où il habitait depuis un an et demi. Fils de Pierre Proulx (comme a écrit cette fois le curé!) et de Louise Robinaud, apparemment restés en France, il a épousé Marguerite Brunette, fille mineure de Pierre Brunette et Marguerite Hamelin. Comme René est arrivé ici célibataire, le curé Dénéchaud a voulu s’assurer qu’il l’était bel et bien. Il a communiqué avec l’évêque de Québec, Mgr Plessis. Celui-ci lui a répondu que le prétendant avait « donné des preuves suffisantes de sa liberté pour contracter le mariage ». La précaution n’était pas inutile. Les descendants de Jean Proulx et de Catherine Pinel savent que Anne Léodet, la mère de Catherine, a perdu son premier mari parce que renvoyé en France pour bigamie! Gilles Pinel a pris la relève et Catherine est née sept mois après le premier mariage de sa mère!

Aujourd’hui, les descendants de René Proust et Marguerite Brunette se retrouvent surtout dans le comté de Portneuf et dans les Bois-Francs.

On s’étonne a priori que René Proust (c’est ainsi que le curé le nomme, mais il écrit Proulx pour son père!) ait émigré de France au 19e siècle, alors que l’Angleterre avait fermé cette source. Du moins le croyait-on. Le généalogiste et historien Marcel Fournier a étudié la question dans son ouvrage Les Français au Québec. 1765-1865. Un mouvement migratoire méconnu (Sillery/Paris, Éditions du Septentrion/Éditions Christian, 1995). Il a repéré quelque 1500 immigrants durant cette période. De quoi renverser les idées reçues.