Origine et évolution des patronymes

Origine et évolution des patronymes

6 janvier 2015 0 Par Florian Proulx

Leur apparition a eu lieu, en général, il y a mille ans environ, soit à l’époque du Moyen Age. Ils sont tous issus au départ d’un surnom individuel définissant notre ancêtre. Ces surnoms peuvent tous être classés dans quatre grandes catégories :

  • Surnoms évoquant le nom de baptême du chef de famille : Jehan Martin, c’est Jehan, fils de Martin, ainsi des patronymes André, Benoit, Bertrand, Clément, Jean, Mathieu, Paul, Raymond, Richard, etc.
  • Surnoms évoquant l’origine géographique ou la localisation; ce peut être lié, soit à un voisinage (Laberge, Duchesne, Duguay (du gué), Dubois, Boisvert, etc.), soit à une provenance (Langlois/Langlais, Lebreton, Normand/Lenormand ou Manseau i.e. de Mans, France…)
  • Surnoms traduisant le métier lesquels sont, pour la plupart, liés à la vie agricole ou à l’artisanat :
    • Bergeron : diminutif de berger, gardien ou éleveur de mouton
    • Boulanger : producteur de pain
    • Minier : ouvrier des mines
    • Métivier : moissonneur/tenancier d’une ferme
    • Pelletier : celui qui fabrique ou vend des fourrures
    • Prévost : Déformation de prévôt, officier de justice, etc.
  • Surnoms nés d’un sobriquet, traduisant une qualité physique, morale ou sociale de l’ancêtre initial (Bossu, Chauvin, Leblond, Leroux, Courtois, Lebon, Ledoux, Lavertu, etc.)

Certaines régions de France ont conservé la marque de filiation, comme le Berry (à cheval entre pays de langue d’oc et d’oïl) où l’on trouve: Ageorges, Aubernard, Alamartine, etc. (le fils à Georges, le fils au Bernard, etc.)

Au Québec, on retrouve des patronymes de ce type lesquels sont cependant d’origine britannique notamment les Johnson, Robinson, Peterson, etc.

Quant aux prénoms, en France (et sans doute au Québec également), sept sur dix noms les plus portés correspondent au nom de baptême de l’ancêtre initial (Martin, Rolland, Thomas, Durand…) Tous existent encore comme prénom, sauf Durand qui n’est plus donné. La proportion des noms de famille qui sont d’anciens noms de baptême est de 60% mais la plupart d’entre eux sont actuellement oubliés, ce qui explique pourquoi les noms issus d’un «prénom» ne semblent pas avoir une telle importance numérique. En effet, qui, aujourd’hui prénommerait son fils ou sa fille : Archambault, Bonnet, Gaultier, Berthelot… ? Personne et pourtant tous ces noms sont d’anciens prénoms, mais ils ne survivent plus qu’à travers nos patronymes.

Pour ceux que cela intéresserait, ci-dessous une liste de prénoms du Moyen-Age :

Féminins : Agathe Aliénor Alix Anatasie Ariane Aude Aure Aurore Blanche Brunehaut Camille Catherine Clémence Clothilde Colombe Constance Cunégonde Cyrielle Eléonore Emma Ermeline Eulalie Flore Genièvre Iseult Jeanne Jehanne Justine Mahaut  Malvina Margaux Margot Marguerite Mathilde Mélisende Tiphaine

Masculins : Adelphe Adrien Anthèlme Arnaut Arthur Aurèle Barthelemy Bartholomé Baudoin  Béranger Bertrand Clément Clotaire Clovis Colin Enguerrand Eudes Flavien Florentin  Gaël Gaëtan Gaspard Gaultier Gauvin Guillaume Hermance Maurin Nestor Nortimer  Perceval Pierrick Raoul Robin Roland Tancrède Théobald Thimotée

Il faut attendre le règne de François Premier (1515-1547) pour que les noms de famille soient définitivement fixés par l’obligation de la tenue des registres paroissiaux. Notons aussi qu’au moyen âge et jusqu’à la fin du 19e siècle, l’orthographe exacte des noms avait peu d’importance, elle variait aussi beaucoup suivant la compétence ou l’humeur du scribe.

Source : http://www.medieval-moyen-age.net/article-2133505.html

Aussi, en complément : http://www.medieval-moyen-age.net/article-noms-et-prenoms-dans-le-paris-medieval-de-1292-104984640.html

Un prochain article portera spécifiquement sur l’origine et l’évolution du patronyme Proulx

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