Le prénom de Jacquette provoque chaque fois un petit sourire ! Pourtant, les diminutifs féminins des noms masculins en « ette » sont courants: Pierrette, Jeannette, Paulette, Mariette et bien d’autres. Alors, vive Jacquette!

Acte de baptême de Jacquette Fournier, 10 avril 1659.

Jacquette, qui deviendra l’épouse de Jean Prou de Montmagny, est la fille de Guillaume Fournier et de Françoise Hébert. Son père est un immigrant originaire de Coulmer, un minuscule village de Normandie. Son grand-père Fournier s’appelait Gilles et sa grand-mère, Noella Cageut. Elle ne les a pas connus puisqu’ils sont restés en France. Quant à son patronyme Fournier, il appartient au vocabulaire de la boulangerie: le « fournier » est celui qui met les pains au four (Jacob, 2006).

Par ailleurs, ses arrières-grands-parents maternels n’étaient nul autre que Louis Hébert et Marie Rollet. On en a déjà parlé ici même. Elle était donc canadienne, contrairement à son mari, Jean Prou, immigrant originaire de Distré, un village situé à quelques kilomètres au sud de Saumur. En France, il était un Proust.

Jacquette naît le 9 avril 1659 et est baptisée le lendemain à Québec. Sa marraine, dont on ne sait rien, s’appelle Jacquette Virevent, d’où son prénom. Elle est la quatrième d’une famille qui comptera 14 enfants. Elle grandit à la rivière St-Charles en direction de Charlesbourg où la famille est d’ailleurs recensée en 1667. Selon le site Généalogie du Québec et de l’Acadie, son père Guillaume était coseigneur de St-Charles. On lui aurait concédé ensuite en novembre 1672, le fief de la Pointe-au-Foin près de Montmagny qu’il a revendu peu après tout en y demeurant. La famille y est sûrement installée en 1679, année de naissance du dernier de la famille, baptisé la même année à cet endroit.

L’épouse et mère

Jacquette épouse Jean Prou le 5 juin 1673 à Québec où tous deux résident. Elle a tout juste 14 ans! Avant le début du 18e siècle, le mariage précoce n’est pas exceptionnel, car le marché matrimonial est fortement marqué par le manque de femmes. D’ailleurs, à la même époque, Catherine Pinel, la future femme de Jean Prou de Neuville, a treize ans et demi lorsqu’elle épouse Denis Massé en 1671.

Comme sa mère, Jacquette donnera naissance à 14 enfants soit sept filles et sept garçons. Les deux premiers, Denis et Jean-Baptiste, sont baptisés à Québec et les douze autres à Montmagny. Tous y seront inhumés. Elle a 16 ans à la naissance de Denis,son premier, et 41 ans à celui de Françoise, la dernière. Ses grossesses se sont étalées sur 25 ans. Il est bien possible que ce soit sa belle-mère Françoise Hébert qui l’ait aidé à accoucher, car elle était sage-femme.

Jacquette perd son père Guillaume en octobre 1699. Il est âgé de 80 ans. Son mari Jean décède le 1er premier mars 1703. Il a 56 ans. Elle aura bientôt 44 ans. Il reste encore 11 enfants à la maison dont le plus vieux, Pierre, qui 23 ans. Il ne quitte la maison que sept ans plus tard. Trois de ses soeurs se sont mariées entre temps. Sa mère, Françoise, décède en 1716 à l’âge de 86 ans. Les deux sont inhumés à Montmagny.

En avril 1714, plus de 10 ans après la mort de Jean, la veuve fait procéder à l’inventaire des biens de la communauté. En octobre 1717, elle vend d’abord une terre à un certain Charles Bélanger de Château Richer. Puis, en juin 1718, elle fait donation à son fils Joseph d’une autre terre sise à la Rivière-du-Sud (chemin qui longe la rivière du même nom à Montmagny). Son fils a alors 20 ans et est toujours célibataire. Le contrat de donation doit très probablement prévoir, comme c’est l’usage, l’obligation du fils de prendre soin de sa mère. Enfin, en juillet 1722, elle procède à une seconde donation d’une terre sise aussi à la Rivière-du-Sud et de la moitié des meubles et bestiaux à ses autres filles et fils. Ces documents conservés aux archives nationales du Québec n’ont apparemment pas encore été dépouillés. Avis aux intéressés. L’inventaire après décès, en particulier, devrait livrer beaucoup d’informations sur le couple Prou-Fournier.

Jacquette Fournier meurt à Montmagny le 2 janvier 1736 âgée de 76 ans et six mois. Elle a survécu 33 ans à son mari. Elle aura eu 105 petits-enfants, dont 100 sont nés de son vivant! La très grande majorité d’entre eux demeureront à Montmagny. Leurs descendants, très nombreux, sont maintenant répandus partout en Amérique.

Roland Jacob (2006). Votre nom et son histoire. Les noms de famille au Québec. Montréal: Les Éditions de l’homme


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2 pensées sur “Nos aïeules: 3- Jacquette Fournier (1659-1736)”

  1. Merci! M. Jean-Pierre Je suis un descendant de Thomas fils de Jean et Jacquette. Passionnant!! J’ai terminé tant bien que mal la ligné de notre famille. (Dissipé à Epping NH, Hearst ON, St-Rémi de tingwick Qc. etc…). Au plaisir! Robert

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