Marie Fleury a épousé Jean-Baptiste Préaux le 2 mars 1699 à la paroisse Notre-Dame de Québec. Elle est l’ancêtre d’une cinquième lignée de Proulx après celles de Pierre-Marie Gauthier de Champlain, de Jean-Jacquette Fournier de Montmagny, de Jean-Catherine Pinel de Neuville et de Jacques-Jeanne Pilon de Pointe-Claire.

Registre des baptêmes de Sillery.

Les Préaux sont devenus mystérieusement des Proulx dès la seconde génération et même du vivant de Marie. Sans doute, une question de prononciation. Elle sera en effet désignée comme la veuve Prou lors de son second mariage avec Nicolas Beauher (devenu Boire; prononcer Bouaire comme dans la chanson!), le 30 mai 1712 à Charlesbourg. Plusieurs de ses descendants ont choisi le patronyme de Clément, du prénom de l’un de ses fils, d’où les Proulx dit Clément ou inversement.

Marie est canadienne puisque née à Sillery le 12 mai 1673 et baptisée sous ce prénom[1].

La mission des jésuites à Sillery (début du 18e siècle).

Les jésuites enregistraient encore les baptêmes en latin. On distingue bien son nom, Mariam, à la fin de la troisième ligne. Les jésuites y avaient établi une mission, construit un fort et un moulin dans la première moitié du 17e siècle.

Marie est la fille de François Fleury et de Marie-Jeanne Gilles mariés probablement à Québec en 1670. Ses père et mère étaient des immigrants. À son mariage, François est dit résident à la Côte St-Ange, au nord-ouest de Québec, mais originaire de la paroisse St-Pierre et St-Paul de Rueil-Malmaison, une commune sise entre Paris et St-Germain-en-Laye près de Nanterre.

L’église St-Pierre et St-Paul est celle-là même qu’a connue François puisque sa construction a débuté en 1584. Antoine Ier, roi du Portugal en exil, pose la première pierre de la nouvelle église. La façade actuelle a été érigée de 1632 à 1634 sur ordre du célèbre cardinal Richelieu. Il était propriétaire du château du Val tout proche. Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon Bonaparte, y est inhumée.

Quant à Marie-Jeanne Gilles, la mère de Marie, elle était la fille de Pierre Gilles et de Anne Nicolas. Elle venait la paroisse St-Nicolas des Champs à Paris. C’est une belle église gothique située rue St-Martin non loin du centre Pompidou et commencée vers 1420.

Sainte Louise de Marillac est l’une des personnalités historiques importantes de cette paroisse. Cette veuve et mère d’un fils est la fondatrice des Sœurs de la Charité associées à saint Vincent de Paul.

Le couple Fleury-Gilles s’est installée à Sillery autour des années 1670, mais avec un séjour à Neuville entre 1681-1684. Il a eu dix enfants dont six seulement ont survécu. Marie est la deuxième de la famille.

La descendance de Marie Fleury

Marie et son mari Jean-Baptiste Préau se sont établis à Charlesbourg en 1699. Les jésuites y possédaient cette seigneurie tout spéciale en raison de son découpage en étoile.

La seigneurie de Charlesbourg découpée en étoile comme on la voit encore aujourd’hui.

De son mariage avec Jean-Baptiste Préau, Catherine a eu cinq enfants, quatre garçons et une fille. Trois seulement ont survécu: Jean-François (1700), Clément (1703) et Marie (1707). François (1702) et Jacques (1710), sont morts peu après leur naissance.

Marie a vécu à peine 12 ans avec son mari Jean-Baptiste. Celui-ci est décédé le 22 mai 1711 à Charlesbourg à l’âge de 60 ans. L’aîné, Jean-François, n’avait que 11 ans et la plus jeune, Marie, 4 ans. Impossible pour une veuve, comme pour un veuf d’ailleurs, de vivre seuls.

La veuve se remarie donc à Charlesbourg, un an plus tard, soit le 30 mai 1712, avec Jean Beauher. Né à Toussaint en Bretagne, Jean a 48 ans et il est lui-même veuf. Il est père de quatre enfants à peu près du même âge que ceux de Marie. La voilà donc tout d’un coup mère de sept enfants. Le nouveau couple aura encore deux enfants, dont Henri, le seul qui survivra!

Mais Marie redeviendra veuve le 31 décembre 1716 quand Jean meurt à l’Hôtel-Dieu de Québec. Elle a alors 43 ans. Les enfants des deux familles ont alors entre un an et dix-huit ans. On ignore comment Catherine et les siens ont alors subsisté.

Aucun des enfants ne demeurera dans la région de Québec. Jean-François, l’aîné, est le premier à quitter Charlesbourg, possiblement en compagnie de sa mère. En effet, en 1729, il épouse à 29 ans Suzanne Leduc, une fille de Lachine. Tous les enfants vivants vont migrer dans l’île de Montréal, particulièrement dans l’ouest, et à Longueuil. Peut-être vit-elle chez Clément installé à Ste-Geneviève de Pierrefonds, entouré de ses 14 petits enfants encore vivants. C’est là qu’elle est inhumée le 15 mars 1752 à l’âge très respectable de 89 ans.

Au-delà de ces notes généalogiques, l’histoire de la famille Proulx-Fleury et Boire-Fleury reste à faire. Les actes notariés pourraient bien faire découvrir encore plein de choses intéressantes sur cette famille. Qui de ses descendants, membre ou non, de notre association va se lancer?

Prochain et dernier billet sur les épouses des Proulx: Marguerite Brunet, femme de René, le dernier arrivé en ce pays.

[1] Elle n’apparaît que deux fois, dans le registre de Charlesbourg, sous le prénom de Catherine, soit au baptême de son aîné Jean-François en 1700 et de Marie-Catherine en 1707.

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